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Edouard MANET naît dans une famille aisée et raffinée, et reçoit une bonne éducation, avant de suivre une solide formation aux Beaux-Arts dans l'Atelier du peintre Thomas COUTURE, pour lequel il gardera toute sa vie une certaine estime, quoiqu'ayant souffert de sa méthode d'enseignement qui exigeait "idéal et impersonnalité".
"Je peins ce que je vois, et non ce qu'il plaît aux autres de voir" avait coutume d'opposer à la doctrine académique Edouard MANET, qui entendait revendiquer sa propre subjectivité et l'importance de la vision du peintre par rapport aux règles admises.
Il n'en demeure pas moins que MANET accordera toujours une grande valeur à l'héritage humaniste de la peinture génératrice de contenus et au travail pictural sur des thèmes de l'art ancien, ce qui, quelque part, le rapproche de COROT, considéré comme le représentant d'une peinture éclectique et historique.
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Autoportrait à la palette
Collection privée
1879 |
UN ACADEMISME NOUVELLE MANIERE

Le buveur d'absinthe
1858
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Les oeuvres de jeunesse de Manet se rapprochent des peintures hollandaise et surtout espagnole du XVIIième.
Manet qui effectua de nombreux voyages en Europe pour y étudier les grands maîtres de la peinture devait être particulièrement influencé par les oeuvres du néerlandais Frans Hals et des espagnols Diego Velasquez et Francisco Jose de Goya.
Sa première soumission au Salon en 1859, "Le buveur d'absinthe", à la résonance espagnole alors à la mode, fut refusée, malgré l'avis favorable de Delacroix, pour le motif essentiel que MANET utilisait une configuration picturale traditionnelle (le portrait de plein pied) pour représenter un être marginal et socialement discrédité. |
Manet avait trouvé un mode de création qui caractérisera l'essentiel de sa future production : combiner des configurations picturales traditionnelles et leurs valeurs expressives avec la réalité contemporaine. Ainsi, bien avant l'impressionnisme proprement dit, Manet pose les termes de la polémique artistique à venir : révolte individuelle contre les conventions académiques, moyens picturaux mis au service de sujets contemporains nouveaux...
Au début des années 60, Manet, à la manière d'un flâneur, parcourt sans relâche Paris, qui changeait alors de jour en jour, pour en déceler les caractéristiques les plus subtiles, les transformations, dessinant dans son carnet "un rien, un profil, un chapeau, en un mot une impression fugitive".
Manet fut accepté au Salon en 1861 avec un autre tableau plus complaisant de la mode espagnole de la même facture que "Lola de Valence" (1862).
LES PREMISSES DE L'IMPRESSIONNISME
En revanche "La Musique aux Tuileries" (1862), tableau résultant d'une des flaneries de Manet, de facture légère et ouverte, sans composition centralisante, qu'il présenta à une exposition personnelle fut accueilli négativement, car contredisant la conception établie de la nécessité d'une forme picturale aboutie.
On peut pourtant y décéler, de par son sujet, sa composition et sa facture, l'une des voies de l'Impressionnisme qui allait apparaître quelques années plus tard. |
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La musique aux Tuileries
1862
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En 1863, il exposa son célèbre "Déjeuner sur l'herbe" (musée d'Orsay, Paris) au Salon des refusés, nouveau lieu d'exposition inauguré par Napoléon III accueillant, à la demande des artistes, les œuvres rejetées au Salon officiel.

Le déjeuner sur l'herbe
1863
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La toile de Manet représentait une scène de la bohème parisienne s'accordant peu avec la morale puritaine de l'époque : dans un décor champêtre près d'une rivière, une jeune femme, au sortir d'un bain, est assise nue, ses vêtements posés à côté d'elle, entourée par deux hommes en costume assis pour un pique-nique.
Là encore, Manet transpose dans une scène contemporaine des citations académiques avec une modernité extraordinairement féconde, là où certains, à l'époque, ne virent que leur utilisation pour manque d'invention formelle de la part de l'artiste. |
Ce tableau attira immédiatement l'attention et les rires du public, mais fut violemment attaquée par les critiques et provoqua un scandale particulier au coeur même du scandale général que constitua le Salon des Refusés.
Salué par de nombreux jeunes peintres qui admiraient en lui un novateur conscient de ses effets, Manet se trouva au centre d'une dispute opposant les défenseurs de l'art académique aux artistes « refusés ».
En 1864, le Salon officiel accepta deux de ses tableaux, et, en 1865, il y exposa Olympia" (1863, musée d'Orsay, Paris), un nu inspiré de la Vénus d'Urbino de Titien qui provoqua un scandale encore plus grand que "Le déjeuner sur l'herbe".
Là encore, Manet citant un classique représente celle qui est censée être une divinité de la Renaissance faisant référence à l'Antiquité, comme la fille de luxe parisienne qui avait servi de modèle (Victorine Meurent), avec un réalisme si fidèle et si peu en rapport avec les voiles de l'idéologie du Second Empire, qu'il souleva des vagues de protestations au sein des cercles académiques.
Manet qui avait conscience d'avoir réussi là quelque chose d'important conservera ce tableau jusqu'à sa mort, et Claude Monet, après la mort de Manet organisera une collecte pour éviter que la veuve de Manet, alors en difficulté financière, ne le vende à un américain. |
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Olympia
1863
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LE CHEF DE FILE DE LA NOUVELLE ECOLE
A partir de 1866, Émile Zola, qui allait devenir son ami, prit fait et cause dans l'Evènement pour l'art de Manet et la nouvelle conception artistique qu'il désignait sous le nom de "Naturalisme".
Pendant la seconde moitié des années 1860, Manet devint le peintre le plus respecté d'un groupe d'artistes, d'écrivains et d'amateurs d'art qui se rencontraient au Café Guerbois, rue des Batignolles. Le peintre Fantin-Latour, après son "Hommage à Delacroix", peindra "Un atelier aux Batignolles" (1870) où Manet occupe cette fois la place du maître vénéré devant un cercle au sein duquel figurent Zola, Astruc, Renoir, Monet et Bazille.
Si les jeunes peintres qui allaient être le noyau de l'impressionnisme, Edgar Degas , Claude Monet , Auguste Renoir , Alfred Sisley , Camille Pissarro et Paul Cézanne , subirent l'influence de Manet, ceux-ci devaient par la suite en retour influencer son art, le rendant plus sensible aux jeux de lumière. Il faut voir en Manet plutôt qu'un représentant à part entière de l'impressionnisme, un puissant inspirateur de celui-ci
Manet devait encore peindre dans cette décennie plusieurs chefs-d-oeuvre, comme "Le fifre" (1866), "La lecture" (1865-73), "Le repos" (1870).
En 1874, l'artiste choisit de ne pas participer à la première exposition impressionniste. Il continua à exposer régulièrement au Salon où sa notoriété ne cessa de s'affirmer.

Un bar aux Folies-Bergère
vers 1881-82
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En 1882, il y fut présent pour la dernière fois avec Un bar aux Folies-Bergère (Courtauld Institute Galleries, Londres), l'une de ses œuvres les plus célèbres. |
Il mourut à Paris le 30 avril 1883, laissant une œuvre importante, comprenant plus de quatre cents peintures à l'huile, des pastels et de nombreuses aquarelles.
1832 |
Naît à Paris le 23 janvier dans une famille aisée de fonctionnaires et d'officiers. Son père est directeur au Ministère de la Justice.
Edouard reçoit une bonne éducation et grandit dans une atmosphère raffinée |
1844 |
Entre au College Rollin. Rencontre Antonin Proust. |
1848 |
Echoue au Concours d'entrée à l'Ecole Navale, part à Rio sur un navire école |
1849 |
Séjourne 2 ans à Rio, puis retourne à Paris. |
1850 |
Rentre à l'Ecole des Beaux-Arts
Suit des cours dans l'Atelier de Thomas Couture et fait des copies au Louvre. |
1852 |
A un fils, Léon, de Suzanne Leenhoff, un professeur de piano hollandais, qu'il n'épousera qu'en 1863
Officiellement, son fils Léon-Edouard Leenhoff, qui lui servira de modèle en maintes occasions, était présenté comme le petit frère de Suzanne et le filleul de Manet
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1853 |
Voyage à travers l'Europe, en Hollande, en Allemagne, en Italie, où il visite les grands musées |
1855 |
Rencontre Delacroix dans son atelier à Notre Dame. |
1856 |
Quitte l'Atelier de Couture pour créer le sien
Visite le Rijksmuseum à Amsterdam. |
1857 |
Rencontre Fantin-Latour au Louvre. Voyage en Italie. |
1858 |
Rencontre Charles Baudelaire. |
1859 |
'Le buveur d'absinthe' est refusé au Salon.
Déménage dans un nouvel atelier |
1860 |
Emménage avec Suzanne et Léon dans un appartement aux Batignolles. |
1861 |
Portrait de Mr.et Mme. Manet et Le chanteur espagnol sont exposés au Salon. Le chanteur espagnol reçoit une mention honorable |
1862 |
Mort du père de Manet.
Manet peint Musique aux Tuileries et rencontre Victorine Meurent, qui servira de modèle au "Déjeuner sur l'herbe" et à "Olympia". |
1863 |
Expose Déjeuner sur l'Herbe au Salon des Refusés.
Manet épouse Suzanne en Hollande |
1864 |
Expose Episode de corrrida au Salon. |
1865 |
Olympia cause un scandale au Salon.
Voyage en Espagne |
1866 |
Le fifre et L'acteur tragique sont refusés au Salon.
Fait la connaissance de Cézanne et Monet.
Le Cafe Guerbois. |
1867 |
Tient une exposition majeure en marge de l'Exposition Universelle.
Peint la première version de L'Exécution de l'Empereur Maximilien . |
1868 |
Fait la connaissance de Berthe Morisot.
Peint le Portrait de Emile Zola . |
1869 |
Eva Gonzales devient sa pupille et modèle.
Expose Le Balcon au Salon, mais la version finale de L'Execution de l'Empereur Maximilien est refusée |
1870 |
Guerre Franco-Prussienne . Manet rejoint la Garde Nationale. |
1871 |
Elu à la représentation de la Commune de Paris. |
1873 |
Le Bon Bock est exposé au Salon.
Rencontre Stéphane Mallarmé. |
1874 |
Décline la proposition de participer à la 1ère exposition des Impressionistes.
Son frère
Eugène Manet épouse Berthe Morisot.
Passe l'été à peindre avec Monet à Argenteuil |
1875 |
Expose La Seine à Argenteuil au Salon. Voyage à Venise. |
1876 |
Peint le Portrait de Stéphane Mallarmé. |
1877 |
Nana est refusé au Salon. |
1878 |
Peint Autoportait à la calotte. |
1880 |
Portrait d'Antonin Proust est exposé au Salon. |
1881 |
Antonin Proust devient Ministre de la Culture. Manet reçoit la Légion d'Honneur |
1882 |
Sa santé se détériore .
Un Bar aux Folies-Bergère est exposé au Salon . |
1883 |
Amputation de la jambe gauche le 19 Avril . Meurt le 30 Avril |
1893 |
Olympia rentre au Musée du Louvre. |
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