Pierre Auguste RENOIR (1841-1919)
LA PERIODE IMPRESSIONNISTE (1864-1883) Suivant la recherche de ses amis du Café Guerbois, en particulier Bazille et Monet, sur la lumière naturelle, il travaille souvent «sur le motif» en forêt de Fontainebleau. Ses recherches artistiques vont alors couvrir un large éventail, étant moins sûr que d'autres peintres de la direction à prendre, tenu qu'il est par la double nécessité de vendre des tableaux pour vivre et de se tailler une place sur la scène parisienne.
À partir de 1864, il expose ou tente d'exposer au Salon. Accepté en 1864, refusé malgré l'intervention de Corot en 1866, il n'eut pas davantage de chance l'année suivante, avec une "Diane chasseresse" qui permet de discerner l'influence qu'exerçait Courbet sur la production de Renoir à cette époque. Il peut montrer sa "Lise à l'ombrelle" (1867) au Salon de 1868 – il s'agit, là encore, d'une œuvre influencée par Courbet –. Renoir ne s'appropriera un mode de représentation picturale qu'à l'été 1869, lorsqu'il travaille à La Grenouillère avec Monet, peignant l'animation de ce lieu de loisirs de la bourgeoisie parisienne, avec des touches de couleur rapides et vigoureuses simplifiées à l'extême, des personnages à l'état d'esquisse, un art de la lumière rendue par des reflets mobiles, rendant ainsi compte de l'"impression" régnant dans ce lieu.
Pissarro écrit : "Renoir a un grand succès au Salon. Je crois qu'il est lancé, tant mieux, c'est si dur la misère !". Pendant ces années "misère", Renoir aura peint de fabuleuses toiles impressionnistes, aujourd'hui des chefs d'oeuvres connus dans le monde entier.
LA PERIODE INGRESQUE ou "SECHE" (1883-1890)
Renoir affiche encore plus de détachement à l'égard de l'impressionnisme: «Vers 1883, il s'est fait comme une cassure dans mon œuvre. J'étais allé jusqu'au bout de l'impressionnisme et j'arrivais à cette constatation que je ne savais ni peindre ni dessiner. En un mot, j'étais dans une impasse» (Renoir cité par Vollard, in Renoir, Paris, 1920). A partir de ce moment, Renoir doute et remet son œuvre en question. Il s'éloigne de plus en plus de l'impressionnisme, les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides. La transition sera progressive car Renoir est en perpétuelle recherche d'un art pictural absolu. Dès fin 1881, il écrit à Durand-Ruel: "Je suis encore dans la maladie des recherches. Je ne suis pas content et j'efface, j'efface encore....".
1883 : Exposition particulière organisée par Durand-Ruel, boulevard de la Madeleine. En décembre, il voyage avec Monet de Marseille à Gênes. 1884 : il entreprend " les grandes baigneuses ". 1885 : Naissance de son fils Pierre, Renoir peint " Aline allaitant son fils ". 1888 : Grand succès de l'exposition internationale des Impressionnistes à New-York, organisée par Durand-Ruel, trente-huit peintures et pastels de Renoir sont présentés. 1889 : Il retourne chez Cézanne
LA PERIODE "NACREE" (1890-1897) En 1890 Renoir épouse Aline Charigot. Critiqué, mal compris, Renoir va peu à peu sortir de la période "sèche". Sans revenir à un coup de pinceau purement impressionniste, il va infléchir le trait, abandonner la rigueur tout en conservant le modelé de ses sujets. Délicatesse, forme, couleur, lumière et volupté sont les maîtres mots de cette nouvelle période.
L'intérêt du public est enfin immense. Après 1897 et jusqu'à la fin de sa vie, Renoir en vint à une manière impulsive, directe, sans retouches, à laquelle vont se rattacher d'innombrables figures de femmes plantureuses et nues (Baigneuse s'essuyant la jambe, 1905), peintes souvent en une seule séance dans des coloris à dominante ocre-rouge. Souffrant de rhumatismes articulaires, Renoir fut contraint, au début du siècle, de rechercher le climat du Midi. Il s'établit tout d'abord à Grasse (1900), ensuite au Cannet (1902), puis à Cagnes (1903), où il fut frappé, en janvier 1912, d'une paralysie des jambes et des bras. Opéré au mois d'août de la même année, il continua de peindre, son pinceau attaché à la main, durant les sept années qui lui restaient à vivre. 1892 : Il voyage en Espagne avec Gallimard, il admire les Velasquez. A la rétrospective chez Durand-Ruel, 110 oeuvres sont exposées. 1893 : Il voyage à Pont-Aven. 1894 : Naissance de son fils Jean, il habite le Château des Brouillards à Montmartre. Une crise de rhumatismes l'empêche de voyager. Il peint " Jean jouant avec Gabrielle ". 1895 : Renoir transforme son style qui le conduira à un épanouissement final en peignant de plus en plus en volume, vers une plastique plus sculpturale. 1896 : Il voyage à Bayreuth. Exposition chez Durand-Ruel. " Les enfants de Monsieur Caillebotte, la famille de l'artiste ". 1897 : Renoir achète une maison à Essoyes, dans l'Aube où il passera les mois d'été - " La baigneuse endormie ". 1898 : Il voyage en Hollande, à Amsterdam où il admire les Rembrandt. Première crise aiguë de rhumatisme articulaire. 1899 : Il passe l'hiver dans le Midi à Cagnes-sur-Mer pour se reposer. 1900 : Il séjourne à Grasse et peint " Femme nue en plein air ". 1901 : Naissance de son fils Claude, dit "Coco" que Renoir prend souvent comme modèle. 1902 : Renoir s'installe au Cannet, nouvelles crises de rhumatismes. " Le jugement de Pâris, Jean en Pierrot blanc ". 1903 : Il passe l'hiver à Cagnes et l'été à Essoyes. 1904 : Désormais, les années sont marquées par une évolution plus ou moins rapide de sa maladie. Il continue à peindre avec beaucoup de courage des " Baigneuses ". 1907 : Il achète le terrain "Les Collettes" à Cagnes, où il fera construire sa maison, entourée d'oliviers centenaires. " La leçon d'écriture de Coco ". 1908 : Renoir sculpte un " Portrait de Coco et un buste de danseuse ". 1910 : Il voyage à Munich. " Les cariatides, danseuses au tambourin et aux castagnettes" . 1912 : Aggravation de son état de santé. Des bandelettes sur ses doigts paralysés lui permettent de tenir son pinceau. Malgré cela, son travail reste de grande qualité. " Portrait de Madame de Galea ". 1913 : Le marchand Amboise Vollard lui présente Richard Guino pour lui permettre de mener à bien ses projets de sculpture. Une véritable communion d'esprit s'établit entre les deux artistes, Renoir retrouve toute sa créativité‚ servie par le talent et la sensibilité de Guino. Une première oeuvre est créée : " La petite Vénus debout " . 1914 : Déclaration de guerre de l'Allemagne à la France. Ses fils Pierre et Jean sont blessés au combat. Pour garder le moral, Renoir peint et sculpte avec Guino. " Le jugement de Pâris ". 1915 : Mort de Madame Renoir. En son hommage il peint " Un bouquet de roses ". Pour oublier son malheur et sa souffrance, Renoir, soutenu par Guino, se lance avec audace dans de grandes sculptures " La grande Vénus Victrix, la Maternité, le berger Pâris" . 1916-1918 : Nouvelles sculptures "' La grandes Laveuse, Buste de Madame Renoir, Le forgeron, Portrait de Cézanne" . 1919 : Visite de Renoir au Louvre où son tableau " Madame Charpentier " est exposé. Il meurt à Cagnes-sur-Mer le 3 décembre. |
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Catalogue Impressionnistes - RENOIR |
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Année |
1869 | |||||||||||||||||
(jusqu'à) |